Vendredi 3 juillet 2009

D’autres rendez-vous auront lieu. Toujours ce parking et toujours dans cette Ami8. Mais j’en veux plus et elle aussi.
Un soir, nous nous mettons d’accord. Elle me donne son adresse et elle me laisse la rejoindre dans trente ou quarante-cinq minutes, histoire de voir si le chemin est libre. Le temps imparti, n’est pas encore écoulé, que diable, je me lance on verra bien. Je pédale comme un damné, pressé d’en découdre. Aucune voiture sur cette route. Personne ne sait ou je suis. Il pourrait m’arriver quelque chose, personne n’est au courant. De longues minutes passent avant d’atteindre mon point d’arrivée.

J’arrive enfin place Allende. Au débit de tabac, je dois prendre sous le grand porche, comme elle me l’a dit. Il fait sombre. Il y a un parking. Je vois sa voiture. Je suis donc bien au bon endroit. Des cyprès sont plantés sur la gauche le long d’un mur qui doit faire trois mètres de haut. Ce sera une planque idéale pour moi et mon vélo. Je scrute les lumières des appartements. J’attends un signe. Chaque extinction ou ouverture de lampe à l’intérieur des appartements fait monter en moi une bouffée de stress, vous savez le genre de crampe que l’on a lorsque l’on fait une chose dont on n’a pas l’habitude. Faire un saut à l’élastique par exemple, mais à cette époque ce n’était pas encore d’actualité, dommage.

Une lumière vient de s’éteindre. Une lucarne de quarante centimètres sur quarante s’ouvre doucement. Je la distingue. Je vais pouvoir enfin sortir de ma cachette. Je me montre elle me fait signe que je peux monter. Il doit être vingt-trois heures. Je rentre par l’escalier du sous-sol. Je franchis une porte, deux portes, j’arrive devant l’entrée principale. Il n’y a personne à l’horizon. Je monte au premier étage, numéro quatre j’y suis. Je frappe doucement à la porte pour ne pas réveiller qui que ce soit. J’entends le verrou se dérober, j’entends la clinche s’abaisser. La porte s’ouvre. Hop, comme un lapin, je me glisse dans le terrier. Elle me fait rentrer dans la cuisine. Elle me prend mon blouson. L’appartement n’est pas très grand, mais reste spacieux. Certains meubles sont d’un autre âge, mais aucune importance.

Nous discutons encore et encore. Ceci aura eu pour but de nous identifier, de nous ouvrir l’un à l’autre. Les choses sont claires maintenant. Une femme consentante et un jeune homme, également consentant. Elle me prends par la main elle m’amène dans une chambre. Je comprends que c’est la chambre de ses filles. Pour une raison que je ne connais pas, elles n’étaient pas présentes ce jour-là. Ou alors elles étaient dans la chambre de leur mère, mais je ne pense pas en tout cas je ne m’en souviens plus.

Nous nous installons sur le premier des deux lits. Nos ébats dureront une partie de la nuit. Mais curieusement, je n’aurai toujours pas d’orgasme. Impossible je reste bloqué « rien ne sort ». Je reste bloqué par cette femme. Bizarrement, elle me dit de faire attention. Je ne comprends pas bien ce qu’elle veut dire par là. C’est plus tard que j’ai compris ce qu’elle voulait dire. À l’écriture de ces lignes, aujourd’hui, je reste stupéfié. C’est quand même elle, la personne d’expérience et non-moi, le gamin de dix-sept ans qu’elle vient de dépuceler, qui doit prendre des précautions. Enfin me semble t’il ? Ce doit être la personne d’âge mûr qui doit montrer l’exemple. Non ? Enfin bref.

 

Durant cette joute de corps à corps, il me semble qu’elle a pris plaisir. Mais je reste néanmoins étonné de l’orgasme féminin ( à cette époque). Pour moi-même, je savais, car je m’adonnais à de petites pratiques lorsque j’étais seul. Mais pour les femmes j’en étais resté à un film pornographique auquel mon oncle m’avait emmené voir au cinéma alors que je n’avais pas encore seize ans. Dans ce film on pouvait voir une femme avoir ‘’un orgasme ’’ et durant celui-ci, on distinguait un grand jet de liquide sortir de son sexe. Pour moi, je pensais que la femme jouissait de cette manière. Imaginez ma surprise de ne rien voir durant notre acte. Stupide non ? Il m’aura fallu quelque temps pour comprendre le fonctionnement de la femme. Enfin maintenant j’ai l’expérience.

Par hervé - Publié dans : Ma vie mise à nu. Mon Tome II Chapitre I
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